6 livres du plus lumineux au plus sombre – Kayan

From the Blog

6 livres du plus lumineux au plus sombre – Kayan

Je suis content que tu aies cliqué internaute vagabond. Ensemble, nous allons parcourir un chemin torturé de ronces et de lumière. Nous n’en sortirons pas indemne, et c’est tant mieux. Je te propose six œuvres, de la plus lumineuse à la plus sombre qui à coup sûr réveilleront en toi des couleurs insoupçonnées. En mémoire de mon ex qui me disait toujours : « C’est la partie lumineuse de toi qui est la plus belle, mais c’est la sombre que je préfère, je te quitte Kay. »     

  

 

1L’Enchanteur – René Barjavel

Une reprise de la Légende de la Table Ronde. L’auteur se permet quelques anachronismes pour critiquer notre époque sans toutefois ternir l’univers médiéval. Version contée avec une grande candeur et une agréable bienveillance. Le thème conserve malgré tout de sa maturité même si les personnages se permettent quelques infantilités en se recueillant vers des figures maternelles. L’Enchanteur m’a laissé une impression pastel et des images douces à mon imaginaire. Barjavel t’attendrira à coup sûr et mettra un baume de douceur sur tes blessures du quotidien.   

 

‘’ Il possédait des pouvoirs, et ne les utilisait que pour le bien, ou ce qu’il croyait être le bien, mais parfois il commettait une erreur, car s’il n’était pas un humain ordinaire, il était humain cependant.’’

__Barjavel

 

 

2 L’art d’aimer – Ovide

On connaît Ovide pour Les Métamorphoses, œuvre qui représente pour nous une grande part de la mythologie grecque (même s’il était Romain et qu’il les a écrit trois cents ans après). Mais ce qu’on sait moins c’est qu’il a aussi rédigé un guide de cruse pour la jeunesse romaine! L’art d’aimer nous donne des trucs aussi bien pour séduire que pour passer les peines amoureuses. Ce qui choque c’est que les conseils prodigués par Ovide pourraient très bien s’appliquer aujourd’hui. Il nous recommande entre autres de ne pas trop boire quand on séduit. Ça trouble le game comme dirait les pick-up artiste.

 

‘’ moi aussi, je réduirai l’Amour, bien que son arc blesse mon coeur, et qu’il secoue sur moi sa torche enflammée. Plus ses traits sont aigus, plus ses feux sont brillants, plus ils m’excitent à venger mes blessures.’’

__Ovide

 

 

3 Hagakure – Tsunetomo Yamamoto

Écrit par un ancien samuraï devenu moine rassemblant précepte et fragments historiques; le Hagakure marque par l’intensité proprement japonaise de ses récits. Il y a un mot japonais que nous n’avons pas dans notre langue qui décrit l’acte de mettre de côté son individualité pour un devoir honorable. L’histoire qui m’a le plus marqué est celle du serviteur qui, pour sauver l’arbre généalogique pris dans un incendie de son maitre, s’ouvre le ventre et cache le papier dans ses entrailles pour qu’il ne brûle pas. Un peu intense, d’ailleurs l’œuvre est accusée, après la Seconde Guerre Mondiale, d’avoir fortement encouragé les kamikazes japonais.

« Si vous devez être abattu au cours d’un combat, soyez résolu à l’être face à l’ennemi. »

__Tsunetomo

 

 

4 Les souffrances du jeune Werther – Goethe

 Récit tragique d’un jeune adulte éperdu d’une femme déjà prise. Ne supportant pas la friendzone, Werther se suicide. Il faut croire que l’Art d’aimer manquait à la jeunesse allemande de 1700 puisque le roman est accusé lui aussi d’avoir encouragé le suicide de ses lecteurs, pris dans un cul-de-sac amoureux. Fortement déconseillé si tu es en peine d’amour. 

« Qu’est-ce donc que la destinée de l’homme, sinon de souffrir sa condition humaine, de vider son câlice jusqu’à la lie? »

__Goethe

5 Les onze mille verges – Apollinaire

Dur de catégoriser les onze mille verges. Célébration du spectre complet de la sexualité, aussi bien dans ses pratiques coquines (voyeurisme, fétichisme, etc.) que ses plus controversées (sadisme, pédophilie, etc.) La particularité du roman, est qu’il ne pose aucun jugement sur les pratiques qu’il décrit, aussi bien celles qui implique l’instrumentalisation d’une autre personne. Truffé de petits jeux de mots dans les noms des personnages (Visbescu, Culculine) ainsi que de courts poèmes grivois. Le cocktail de joie et d’horreur dont est fait les onze mille verges en font une œuvre qui se savoure dans un état d’esprit dur à décrire.

 

‘’Il sonna pour faire monter le masseur qui le massa, et l’encula proprement. Cette séance le vivifia. Il prit un bain et il se sentait frais et dispos en sonnant pour le coiffeur qui le coiffa et l’encula artistiquement.‘’

__Apollinaire

 

6 Les chants de Maldoror – Comte de Lautréamont

Lautréamont n’a pas produit beaucoup de son vivant. Une courte critique sur la poésie où il descend amèrement ses contemporains et Les chants de Maldoror. Prose poétique qui s’assume dans sa noirceur « ses pages pleine de poisons ». On ne sort pas indemne de cette aventure « une cicatrice dont on ne veut plus guérir » disait Camus. Lautréamont nous place tantôt dans le point de vue de son héro Maldoror qui n’éprouve aucune pitié et tantôt dans des objets plus incongrus comme le cheveu d’une prostituée. Ce détachement et ces transformations ont grandement influencé les surréalistes. Récit torturé mais esthétiquement impeccable. Il a réussi à m’émouvoir d’un ébat sexuel entre une femelle requin et un homme. Si tu trouves quelque chose de plus sombre que ça, écris-le dans les commentaires, mais je serais surpris.     

« J’ai reçu la vie comme une blessure et j’ai défendu au suicide de guérir la cicatrice. »

__Lautréamont

  • -Kayan, la pub pour le Slam je ne la vois pas là-dedans. C’est juste toi qui part je ne sais pas trop où.
  • -C’est ça la subtilité du truc Charles, les gens pensent qu’ils lisent un article sincère et authentique, ben non! C’est de la pub!
  • -Oui mais comment ils vont savoir que c’est le 18 juillet au Concert de la Cité? Tu ne veux pas simplement parler un peu du Slam? Ça ne serait pas plus simple?
  • -C’est déjà fait 😉